Frédéric Le Mouillour Mémorial national des marins morts pour la France

Gabriel René Michel

est né le 08 janvier 1915 à Chalon-sur--Saône (Saône-et-Loire (71))

Gabriel René Michel est fils de mariniers ; sa mère, Marie Louise, originaire d'Audelange, dans le Jura, lui a donné naissance sur la péniche familiale accostée ce jour-là quai Sainte Marie à Chalon-sur Saône (Saône-et-Loire).

Il est l’aîné, et seul garçon, d’une fratrie de quatre enfants qui passeront leur prime jeunesse au bord de l’eau, le fleuve, les canaux et leurs rives constituant leur environnement et terrain de jeux.

Mais, alors que Gabriel n’a pas encore atteint sept ans, un drame terrible brise la famille : le père fait une chute mortelle dans la cale du bateau. Marie Louise ne peut assurer le fonctionnement de la péniche tout en s’occupant de ses enfants. La mort dans l’âme, elle doit se rendre à Paris pour trouver du travail et nourrir sa famille. Epuisée, et logée dans des conditions précaires, elle finit par tomber gravement malade et décède, le 6 octobre 1922, à l’âge de 30 ans. Les enfants sont pris en charge par l’association "Entraide des femmes françaises", créée récemment rue de Prony à Paris, et qui, peu à peu, finira par gérer plusieurs orphelinats.

Quelques temps plus tard, les trois sœurs de Gabriel, Suzanne, Carmen et Olga, sont adoptées, mais lui reste dans ce foyer grâce à la bienveillance du directeur qui assumera, en quelque sorte un rôle de tuteur.

De ce fait, il pourra, au moins deux années consécutives (1924-1925), passer un mois de vacances à Neuville, en Normandie, le reste de sa jeunesse s’écoulant en foyers dirigés par des religieux.

À l’âge de vingt ans, Gabriel doit accomplir ses obligations militaires. En tant que fils de bateliers il est bien sûr porté vers l’élément liquide, mais il a aussi une idée assez précise du type de bâtiment sur lequel il souhaite embarquer.

Chalon-sur-Saône, à l’époque, est "port constructeur" pour la Marine nationale : la qualité des aciers produits au Creusot et les possibilités d’acheminement de matériels par voies navigables entre la région et la Méditerranée ont incité l’ingénieur du Génie maritime Laubeuf, l’un des pionniers français en matière de conception de sous-marins, et un industriel de notoriété mondiale, monsieur Schneider, à s’associer pour construire à Chalon-sur-Saône, outre de gros éléments métalliques d’infrastructures comme l’ancien pont tournant de Brest, par exemple, des navires de guerre : des torpilleurs, mais surtout des sous-marins. Gabriel a pu voir ces navires au chantier du "Petit Creusot", et la péniche familiale a plusieurs fois croisé le "Porteur" chaland-dock spécialement conçu pour acheminer les coques par la Saône, puis le Rhône, jusqu’à Port Saint Louis, près de Marseille, et de là, vers Toulon où la société Schneider & Cie a établi, à Saint-Mandrier, une station d’essais pour la finition des navires.

Ainsi, Gabriel rallie Cherbourg le 25 mars 1935.avec l’idée d’effectuer son service militaire dans les sous-marins. Il signe un engagement de trois ans et, après avoir fait ses classes, est dirigé vers l’école de formation des électriciens, qui, à cette date, est établie, avec l’école des torpilleurs, sur le vieux cuirassé "Jean Bart" devenu caserne flottante à Toulon, avant d’être renommé "Océan" en raison de la construction d’un nouveau "Jean Bart" à Saint Nazaire.

 À l’issue du cours, le 1er janvier 1936, il obtient le brevet élémentaire de la spécialité. Il rallie alors la "16e Division de Sous-Marins" basée à Cherbourg et embarque sur le sous-marin de 650 tonnes "Antiope" sur lequel il servira pendant 2 ans et 3 mois. Durant cette période, le bâtiment effectue de nombreuses patrouilles le long des côtes de la Manche et de l’Atlantique, allant même faire des incursions sur celles du Maroc et de l’Espagne en 1937, au moment où sévit la guerre civile dans ce dernier pays.

Sur l’"Antiope", il accède, le 1er janvier 1937, au grade de quartier-maître de 2e classe.

Puis, le 25 mars 1938, arrivé au terme de son engagement dans la Marine nationale, Gabriel retourne à la vie civile, avec un Certificat de Bonne Conduite attestant de la qualité des services rendus. Il est promu, dès le lendemain, au grade de quartier maître de 1re classe dans la réserve, et son souhait, désormais, est de revenir vers sa Bourgogne natale pour construire une nouvelle vie et se rapprocher de ses sœurs avec l'espoir de reconstituer la famille qu’ils n’ont pas vraiment connue.

Dans un premier temps, la mère d’un copain de la Marine, affecté à ce moment-là à Toulon, a la gentillesse de lui accorder l’hospitalité à Paris, rue Véron (18e), pour lui permettre de trouver un travail. Cette deuxième partie de l’année 1938 se passe donc en démarches auprès de grandes sociétés où son brevet d’électricien peut favoriser sa candidature (Compagnie Parisienne de Distribution d’Electricité, Métropolitain, Compagnie de Chemins de fer Paris-Lyon-Marseille …etc…), mais sans succès.

Début 1939, il est convoqué pour effectuer une période de réserve à Cherbourg, plus précisément à Equeurdreville-Hainneville, dans les fonctions de chef de poste adjoint du parc à mazout de Brécourt, installation venant d’être mise en service et destinée à alimenter par conduite sous-terraine l’arsenal de Cherbourg. Il termine sa période en mai et grâce au modeste pécule alloué parvient à se loger indépendamment, toujours à Paris, rue Clément Marot (8e).

Il cherche alors à prendre contact avec des oncles établis à Lyon, dont il connaît l’existence, mais dont il sait seulement qu’ils ont été autrefois en liaison avec la "Compagnie générale de navigation" dans laquelle ses parents étaient embauchés.

Il n’a hélas pas la possibilité de finaliser les démarches qu’il a entreprises : le 2 septembre 1939, la mobilisation générale est décrétée en France et Gabriel doit regagner Cherbourg.

Il aurait souhaité embarquer sur un sous-marin, mais les effectifs pour ce type de bâtiments sont satisfaits et la Marine a maintenant besoin de former certains personnels dans le domaine de la lutte anti-sous-marine. Un centre d’écoute microphonique a été installé en rade de Cherbourg, et Gabriel est désigné pour y effectuer un stage comprenant des sorties d’application à la mer sur avisos, avant d’embarquer sur le contre torpilleur "Chacal" de la "2e Division de Contre-Torpilleurs".

La "2e DCT" ("Jaguar", "Léopard" et "Chacal") fait partie des "Forces maritimes de l’ouest", dépendant de l’"Amiral Ouest" mais a été détachée à Cherbourg aux ordres de l’"Amiral Nord" à l’approche de la Seconde Guerre Mondiale. Au moment de la "Bataille de France" les trois bâtiments sont envoyés aux abords de Dunkerque ("Opération Dynamo") pour gêner l’offensive allemande et, si besoin, aider les forces terrestres pour que les infrastructures portuaires ne puissent pas être utilisées par l’ennemi.

Le "Chacal" débarque d’abord du matériel de démolition à Calais le 23 mai 1940, et rejoint le lendemain le "Léopard" près de Boulogne pour retarder les troupes allemandes qui investissent les défenses locales. Les bâtiments sont attaqués par des bombardiers : le "Chacal" est touché, et son commandant, le capitaine de frégate Estienne, bien que grièvement blessé, parvient à donner l’ordre d’évacuation du navire ; 170 hommes sont sauvés, soit par les moyens du bord, soit récupérés par des bâtiments ayant rallié la zone du drame. Mais 93 sont morts ou seront déclarés disparus, et Gabriel fait partie de ces derniers.

Par ordre n° 70 EMG/o du 04-02-1952, le quartier-maître de 1re classe électricien Gabriel Michel a reçu, à titre posthume, la citation suivante à l’ordre du corps d’armée :

"Tombé glorieusement pour la France à son poste de combat".

Il était Quartier-maître de 1re classe.
Son unité : Chacal
  • Médaille Militaire
  • Croix de Guerre 39-45 avec étoile (s)
  • Citation à l'Ordre du Corps d'Armée
Il est décédé le 24 mai 1940.
Porté disparu
Son décès est inscrit à la commune de Châlon-sur-Saône (71)
Document portant la mention MPLF : Fiche Mémoire des hommes
  • - Service historique de la Défense
  • - Internet – "Histoires 14-18 : les sous-marins de Chalon"

Chacal

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Pour essayer d'empêcher la prise de Boulogne par les Allemands, l'Etat-Major engagea la 2e flottille de torpilleurs et contre-torpilleurs dont faisait partie le Chacal. Le 24 mai 1940, le Chacal est attaqué, à 08 h 30, par la Luftwaffe, et disposant de faibles moyens antiaériens, il est touché par quatre bombes d'avions (Heinkel/Stukas) au Cap d'Alprecht près de Boulogne. Gravement avarié, il stoppe puis dérive en flammes sous le tir des batte...

Chacal
184224
Michel
Chalon-sur--Saône
Saône-et-Loire (71)
08 janvier 1915
HE
NULL
Il a été décoré : Citation à l'Ordre du Corps d'Armée,Croix de Guerre 39-45 avec étoile (s),Médaille Militaire
Jugement tribunal de la Seine du 29/10/1948
C 12x17
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