Frdric Le Mouillour Mmorial national des marins morts pour la France
 
 
 
 

Le nom du marin commence par :

Jean Georges Micheau

est né le 10 février 1896 à Argentan (Orne (61))

Jean Georges fils de Félix Julien Micheau, 33 ans professeur de musique, et de Caroline Cécile Aline Perinet, 28 ans sans profession, demeure rue des écoles à Argentan (Orne). Il y passe une jeunesse heureuse en compagnie de sa sœur Louise (1893-1979).

Après de brillantes études dans cette ville, attiré par la mer, il intègre la marine le 19 mars 1915 avec un contrat de huit ans.

Admis à "l'Ecole navale", c'est tout naturellement qu'il suit le parcours initial en devenant matelot timonier le 25 août 1915. Après ses classes il est affecté successivement sur le croiseur cuirassé "Waldeck-Rousseau", au "4e dépôt des équipages de la Flotte", sur le dragueur de mines "Bouffone",  sur le patrouilleur auxiliaire "Le Corse", qui l'amène en Méditerranée Occidentale sur les théâtres de guerre, puis sur le cuirassé "Le Provence".

 Il reçoit alors avec brio ses premiers grades d'officier et celui d'enseigne de vaisseau de 1re classe le 13 juillet 1918.

 Puis sa voie se dessine, il suit les cours de l' "Ecole de l'Aviation Maritime" à Rochefort du 10 novembre 1918 au 1er janvier 1919.

Désigné le 1er janvier 1921 comme officier en second sur la canonnière "Duperré", Jean participe à la campagne de Cilicie/Syrie, opération de guerre franco-arménienne contre la Turquie.

Passé par le "5e dépôt des équipages de Toulon", il rallie l'aviso "Belfort" le 28 novembre 1921 où il effectue des patrouilles en Manche et Mer du Nord.

C'est à cette époque qu'il épouse, le 23 février 1922 à Aumale (Alger), Germaine Marie Caroline Besnard, mais c'est à La Garde (83) au clos des mûriers-Boulevard Pierre Loti- Sainte Marguerite qu'il réside. De cette union naîtra André.

De même, sa vie professionnelle prend un nouveau tournant, tout d'abord le 1er juillet 1922 Jean est breveté officier d'aéronautique et promu lieutenant de vaisseau. 

Le 15 mars 1923 il devient officier instructeur élève avant d'être affecté au "Centre d'Aviation Maritime de Rochefort" (C.A.M) comme pilote de dirigeable.

Durant cette période en 1926, il est nommé au commandement du "Dirigeable  V3" d'instruction du "C.A.M".

Par décret du 2 juillet 1927, il est fait chevalier de la légion d'honneur.

Un passage d'un an à "l'Entrepôt Général d'Orly" lui permet de commander la "Vedette 12" (Dirigeable).

Professionnellement reconnu il  commande, successivement de 1928 à 1933, les "Dirigeables V10, V6 et V7". Le 6 novembre 1931, il échappe à un accident sur le "Dirigeable V6" avec son équipage.

Ensuite son affectation comme instructeur à "l'Ecole de l'aviation de Bizerte" à la "Base Sidi Ahmed aviation" le 11 mars 1933 résonne comme une récompense.

De retour en France,  pour élargir son champ de compétences, il fait un passage, en 1934, à la "Flotille des sous-marins de la 4e région". Désormais officier de marine polyvalent, il reçoit la consécration par sa nomination au commandement du mouilleur de mines "Castor" à Bizerte en 1936.

Durant cette période, ses services émérites lui valent une promotion au grade de capitaine de corvette le 23 septembre 1934 et une nomination au grade d'officier de la légion d'honneur par décret du 30 janvier 1937.

Cependant, l'aéronautique le garde encore jalousement, car Jean se voit affecté à la "BAN Saint Mandrier" état-major aéronautique et aux "Ballons Captifs" du 31 octobre 1936 au 22 mars 1940.

A compter de cette date, il est désigné comme commandant en second du contre torpilleur "Jaguar".

Mais sort funeste, le 23 mai 1940 par une nuit lunaire son bâtiment est mitraillé par un bombardier puis torpillé par une vedette allemande avant de s'échouer sur la plage de Malo les bains près de Dunkerque. Durant ces attaques Jean montre toutes ses qualités de battant, de meneur d'hommes et de sang-froid; n'ordonne-t-il pas à ce moment-là :

"Tout l'équipage pont milieu, blessés et passagers d'abord, les armements de DCA restent à leur poste."Extrait du livre d'Hervé Cras, médecin du "Jaguar"- "Jaguar-Chacal-Léopard 2e division de contre-torpilleurs à Dunkerque").

Plus tard après l'évacuation du "Jaguar" échoué, cantonné avec son équipage dans la "caserne Ronarch", le médecin Cras écrit encore :  " Micheau rêvait d'en constituer deux ou trois sections et de partir se battre dans la nature…" et c'est pourquoi il relate plus loin " Micheau et ses hommes concourent à la défense de Dunkerque…".

 L'ennemi ayant atteint Capelle-la-Grande (Nord), Jean est embarqué avec une partie de l'équipage du "Jaguar", à bord du dragueur-auxiliaire "Emile Deschamps". Ce bâtiment participe à l' "Opération Dynamo" en évacuant des troupes depuis Dunkerque vers l'Angleterre.

Le 4 juin 1940 au petit matin, l' "Emile Deschamps" saute sur une mine magnétique à 6 miles de North Foreland à l'embouchure de la Tamise.

Jean, présent à la passerelle de "l'Emile Deschamps" à ce moment-là, meurt dans l'explosion. Son corps sera retrouvé sur les côtes de la Mer du Nord aux environs  de Dortmund (Allemagne) le 31 juillet 1940 et inhumé le 3 août 1940 au cimetière Bolardus de la ville d'Emden.

 L'histoire ainsi se répète car son grand-père André Félix, capitaine au cabotage, a aussi disparu en mer le 31 janvier 1864 au large de Saint Martin de Ré.

Par ordre N° 519 FMNL du 5 juin 1940, l'amiral commandant en chef des forces maritimes du Nord le cite à l'Ordre de l'Armée :

" Officier d'une valeur morale exceptionnelle, a fait preuve des plus belles qualités militaires et du plus complet mépris du danger tant au moment du torpillage du "Jaguar" que pendant les opérations à terre à Dunkerque, donnant à tous un magnifique exemple de courage et d'abnégation. A trouvé une mort glorieuse dans l'explosion de l' "Emile Deschamps" qui l'évacuait de Dunkerque."

Jean est promu capitaine de frégate à titre posthume par arrêté du 9 février 1941 : " a été ratifié la promotion au grade de capitaine de frégate de cet officier supérieur , prononcé le 5 juin 1940, pour "faits de guerre" par l'amiral , commandant en chef les forces maritimes du Nord, en vertu des pouvoirs qui lui avaient été délégués. "

Il est également décoré de la médaille de Cilicie/Syrie et de la médaille d’Orient, chevalier de l'ordre du Nicham Iftikar, il est décoré des médailles de la Victoire, Interalliée, du combattant, commémorative de la Grande guerre, médaille coloniale avec agrafe "Tunisie".

Il totalise 286 ascensions et 810 heures de vol en dirigeable durant ses 25 ans de services actifs bien remplis et 6 commandements.

Son nom figure au monument aux morts de La Garde dans  le département du Var.

Il était Capitaine de frégate.
Son unité : Jaguar
  • Légion d'Honneur (chev.)
  • Croix de Guerre 39-45 avec palme (s)
  • Croix du combattant
  • Médaille coloniale - Tunisie
  • Médaille du Levant
  • Médaille commémorative de la Grande Guerre
  • Médaille interalliée 14-18 (dite de la Victoire)
  • Nichan Iftikhar
  • Citation à l'Ordre de l'Armée
Il est décédé le 04 juin 1940.
Son décès est inscrit à la commune de La Garde (83)
Document portant la mention MPLF : Acte de décès

Jaguar

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Le Jaguar était un contre-torpilleur de 2400 tonnes construit par l’Arsenal maritime de Lorient et mis en service en novembre 1926. En 1940, il fait partie de la Deuxième Division de contre-torpilleurs, en compagnie des contre-torpilleurs de même classe Chacal et Léopard.

En mai 1940, les Allemands ont envahi les Pays-Bas, la Belgique, le Luxembourg. Depuis le 20 mai, ils sont à Abbeville. Le 22 mai, ces trois...

Jaguar
184254
Micheau
Argentan
Orne (61)
HE
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Il a été décoré : Citation à l'Ordre de l'Armée,Croix de Guerre 39-45 avec palme (s),Croix du combattant,Légion d'Honneur (chev.),Médaille coloniale - Tunisie,Médaille commémorative de la Grande Guerre,Médaille du Levant,Médaille interalliée 14-18 (dite de la Victoire),Nichan Iftikhar
Acte de décès1941/36
D 11x15