Le nom du marin commence par :

Maurice Joseph Le Sceller

est né le 04 janvier 1904 à Moëlan-sur-Mer (Finistère (29))

Fils de Pierre Joseph, marin de l’Etat, et de Marie Florentine Le Torrec, ménagère, Maurice Joseph naît le 4 janvier 1904 au domicile familial situé au lieu-dit Belon à Moëlan-sur-Mer, commune du département du Finistère située au sud-ouest de la ville de Quimperlé en bordure du littoral atlantique.

Il passe, en compagnie de son frère Eugène et de sa sœur Yvonne, son enfance à Belon et suit sa scolarité à l’école publique de Moëlan-sur-Mer.

Son frère aîné, instituteur à l’école de St-Pierre à Moëlan-sur-Mer avant la mobilisation, lieutenant au 137e régiment d’infanterie, est tué à l’ennemi le 27 août 1914 à Chaumont-Saint-Quentin (02).

Le 6 avril 1920, âgé de seize ans, Maurice est incorporé à l’"École des apprentis mécaniciens" à Lorient (matricule : 35331.3) où durant deux ans et tout en consolidant ses acquis scolaires, il acquiert une formation, militaire et maritime, au métier de marin et une autre spécifique à la spécialité de mécanicien.

Le 1er avril 1922, le jeune matelot de 1re classe mécanicien rallie le "1er Dépôt" à Cherbourg puis, "l'École de navigation sous-marine" à Toulon et la "Flottille 2e arrondissement" à Brest. En février 1923, il est muté pour la "Défense fixe de Brest" où il demeure pendant vingt-huit mois et est promu au grade de quartier-maître. En poste à Ouessant, il travaille avec les radiotélégraphistes de la station de radiogoniométrie, en charge de la production de l’énergie pour le fonctionnement des appareils (groupe électrogène).

C’est là qu’il fait la connaissance de Marie Louise Tual qu’il épouse le 4 novembre 1924 à Ouessant. De leur union naîtront Eugène Maurice en 1926 à Ouessant,  Marie Louise Paulette en 1930 à Lorient, Yvonne Paule Jeanne en 1931 à Lorient, Maurice Joseph Auguste en 1933 à Ouessant et Marie Augustine en 1937 à Ouessant.

Du 1er avril au 13 septembre 1926, il suit une formation à l’"École des mécaniciens chauffeurs". Promu le 1er octobre 1926 au grade de second maître, premier grade du corps des officiers mariniers, il rejoint alors le torpilleur "Marocain" puis le transport pétrolier "Garonne" en février 1927.

A la mi-septembre 1929, il retourne à l’"École des apprentis mécaniciens" à Lorient où il est promu au grade de maître en octobre 1930.

Il rallie ensuite le cuirassé "Lorraine" à bord duquel il sert de janvier 1932 à juillet 1935 et où il est décoré de la Médaille Militaire, parfois appelée Médaille des braves ou Bijou de la Nation. Dépourvue de grades, elle est la seule manifestation honorifique qui mette sur un pied d'égalité ceux auxquels elle est attribuée, du plus humble au plus prestigieux.

En septembre suivant, Maurice donne un virage à sa carrière professionnelle en ralliant le monde des sous-mariniers et, plus précisément, la "Flottille des sous-marins de la 4e région". Il est subséquemment embarqué au "Centre des sous-marins de Toulon" en mars 1936, à la "5e Escadrille de sous-marins" à Toulon en janvier 1937, au  "Centre des sous-marins de Toulon" en mars 1937 puis sur le sous-marin "Doris" de la "5e Escadrille de sous-marins" en octobre de la même année.

Un grand malheur vient frapper la famille puisque Marie-Louise, son épouse chérie et adorée, décède brutalement le 15 avril 1939 d’une embolie pulmonaire, au domicile familial situé au 36 rue Maréchal Pétain à La Ciotat (13).

Les cinq enfants sont rapatriés en urgence vers la Bretagne. Eugène, Maurice et Marie Augustine sont pris en charge et élevés par la grand-mère maternelle et ses sœurs à Ouessant ; Marie Louise et Yvonne par la grand-mère paternelle avec l’aide de sa belle-sœur Yvonne au Belon à Moëlan-sur-Mer.

Faisant preuve d’un grand courage après cette tragédie, Maurice continue sa carrière à bord du sous-marin "Doris" et est promu au grade de premier maître le 1er août 1939.

Un mois plus tard, la mobilisation générale est décrétée en France avant la déclaration de guerre à l’Allemagne deux jours après.

Dans une lettre écrite à son fils Eugène le 28 avril 1940, il évoque rapidement sa vie à bord alors que son unité se trouve en Angleterre.(cf : Lettre à son fils sous  la photo du marin ci-contre)

Le premier maître mécanicien Maurice Joseph Le Sceller disparaît en mer le 8 mai 1940 à la suite du torpillage du sous-marin "Doris" lors d'une patrouille en mer du Nord.

Sur Ouessant, lorsqu'un marin de l'île meurt hors du pays, la nouvelle arrive le plus souvent par ses compagnons qui ont été témoins de la disparition de leur compatriote ou bien par une autorité supérieure comme la Marine nationale ou l’armateur du navire. Cette information n’est pas directement transmise à la famille mais à la mairie et à l’église.

Alors le maire ou les parents du marin viennent au presbytère avec la lettre qui fait connaître la tragédie.

Le curé fait prévenir un proche parent de la famille du défunt et lui confie une petite croix en cire appelée Proêlla. Celui-ci garde le secret jusqu'au soir et, lorsque la nuit approche et que tous les membres de la famille sont à la maison, il va chez les parents du défunt et dépose sur la table cette petite croix.

C'est la première annonce du malheur et chacun comprend très vite ce qui se passe. Le procédé paraît dur et cruel ; mais il ne faut pas oublier que la population de l'île est pleine de foi et qu'elle sait admirablement se résigner à toutes les épreuves.

Pour la disparition de Maurice, la croix de Proêlla fût portée par son neveu, Pierre, ancien agent de l’E.D.F. à Ouessant et, aujourd’hui, doyen de l’île.

Son nom est gravé sur le monument aux morts de l’île d'Ouessant.

 

Il était Premier maître.
Son unité : Doris
  • Légion d'Honneur (chev.)
  • Médaille Militaire
  • Croix de Guerre 39-45
Il est décédé le 08 avril 1940.
Porté disparu
Son décès est inscrit à la commune de Ouessant (29)
Document portant la mention MPLF : Fiche Mémoire des Hommes

Doris

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Au début de la seconde guerre mondiale, en 1939, la France ayant la responsabilité du théâtre méditerranéen, c’est en Méditerranée que sont basés la plupart de ses sous-marins. Au début de l’année 1940, dans le but d’empêcher l’Allemagne de s’approvisionner en fer suédois transitant par le port de...

Doris
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Le Sceller
Moëlan-sur-Mer
Finistère (29)
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Il a été décoré : Croix de Guerre 39-45,Légion d'Honneur (chev.),Médaille Militaire
Acte de décès 1941/28
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