Le nom du marin commence par :

Paul Rollin

est né le 16 septembre 1923 à Souppes Sur Loing (Seine et Marne (77))

Paul Rollin est né le 16 septembre 1923 à Souppes sur Loing.  Il va à l'école de Souppes et est un élève d’Émile Chevallier puis fait son apprentissage comme préparateur en pharmacie chez M. Lecoq. "Qui ne se souvient de ce beau jeune homme au sourire perpétuel, de cet excellent camarade qui ne connut que des amis ?"

En 1940, il décide de s'engager dans l'Armée, malgré son jeune âge. La débâcle et l'exode viennent mettre obstacle à ses projets. En 1942, il signe un engagement dans l'armée d'Armistice avec la ferme intention de rejoindre l'armée du général de Gaulle.

Avant de quitter Souppes pour Auch le 12 novembre 1942, Paul tracera ce "Vive la France libre " sur un mur de la rue Voltaire - inscription qui se voit aujourd'hui encore sous les peintures et crépis plus de 50 ans après. Il comprend de suite que cette armée d'armistice sera de fait sous domination allemande.

Il rejoint Marseille le 1er décem­bre 1942 avec pour objectif de passer en Angleterre par l'Espagne. Il revient par Narbonne, Perpignan, Amélie-les-Bains, Arles et Saint-Laurent de Cerdans où il est hébergé chez les parents de Lucien Bosch pour quelques jours. Sans cesse, il a dû déjouer les contrôles d'identité. Il franchit les Pyrénées avec un passeur au col de la Muga. Paul est arrêté peu après en Espagne à Tortelle, puis interné à la prison de Gerona le 18 décembre 1942. Il ne sera libéré que le 27 février 1943. Les conditions de détention qu'il raconte dans ses cahiers sont dures : manque de nourriture et d'hygiène, mauvais traitement, promiscuité.

Il se fera depuis le début passer pour un homme de nationalité cana­dienne sous l'appellation "James Sinclair".

Libéré, Paul rejoint Barcelone, Madrid et enfin Gibraltar, le 7 avril 1943.

Le 20 avril 1943, il embarque sur le "Stirling castle", un important convoi maritime anglais est formé. Le 25 avril est un dimanche. Il va à la messe sur le bateau comme il l'a été à terre et en prison tous les dimanches matins ainsi qu'il l'a écrit dans ses cahiers d'Espagne : "Dimanche 25 avril, ce matin, je vais à la messe à bord. Aujourd'hui nous partons pour le but de notre voyage ... Voici la nuit qui s'approche lentement et chaque minute qui s'écoule nous approche de notre départ. Enfin, à 11 heures, l'ancre est levée et voici l'énorme masse du navire qui s'ébranle et nous emporte vers la liberté... ou la mort." Il s'agit donc en fait  de 23 heures.

Le 29 avril, le convoi est  attaqué par l'aviation allemande. Son bateau est touché. Le 1er mai, le convoi est en vue des côtes d'Irlande. Il monte au port de Liverpool.

Dès son arrivée en Angleterre il  s'engage dans les "Forces nationales françaises libres" (Matricule :492 FM 43) puis demande à suivre le stage commando.

"Les commandos suivaient leur entraînement dans le fameux camp d'Achnacarry,  perdu dans les montagnes d'Ecosse. Ce lieu devait sa célébrité à la manière inhumaine dont y étaient traités les candidats. A la porte du camp étaient alignées les tombes fictives de tous les hommes morts pendant l'entraînement. Une pancarte indiquait le nom de l'homme et l'erreur qu'il avait commise car elle relevait, bien entendu, toujours d'une faute personnelle. Cinquante pour cent à peine des volontaires revenaient d'Ecosse avec le droit au port du béret vert. Les autres étaient impitoyablement éliminés, soit qu'ils fussent blessés lors des manœuvres à tir réel ou même tués, comme nous venons de le voir. Cette rigueur s'avérait nécessaire. Sans elle, jamais le débarquement du 6 juin n'eut réussi." Citation du livre de Gwénaël Bolloré.

A l'issue de ce terrible stage, Paul porte le béret vert, badge n° 120.

Après cet  entraînement particulièrement dur et intensif, il rejoint le commando du capitaine Kieffer et prend part au "raid Hardtack 13" dans la nuit du 25 au 26 décembre à Étretat (Seine-Maritime). Raid effectué en vue d'une reconnaissance et de capturer des prisonniers allemands.

 Il prend part au débarquement en Normandie le 6 juin 1944. Affecté à la" troop 1", il tombe d'une balle en pleine tête tirée par un sniper tandis qu'il tentait de s'élancer en direction du casino de Ouistreham.

 L'infirmier qui était auprès de lui sur la plage, Gwenaël Bolloré, dit Bollinger racontera dans son livre : " Nous étions 177 ":

 "À trois mètres du rebord de notre trou, Rollin vient de pirouetter sur lui-même. Il s'est abattu, sans bruit, avec la grâce d'un acrobate. Un signe de tête du docteur : nous voici à découvert. Il saisit les jambes, moi les épaules, et nous soulevons ce corps déjà alourdi d'indifférence. Près de là, Péroné, embusqué dans une haie, m'interpelle : « - Tu es fou, Bollinger, tu vas te faire tuer !  Le bruit des canons de marine et le jappement des mitrailleuses est tel que je ne l'entends pas. Aussi, je me retourne pour l'interroger. Heureuse surdité! Au même instant, deux snipers tirent sur nous. Lion s'écroule. La balle qui m'était destinée s'écrase contre un mur, à quelques centimètres de ma tête. Un cadavre pour deux, c'est déjà lourd, mais deux cadavres quand on est seul... Montlaur a vu le drame et se porte à mon aide. Il arrive, très droit, très calme, sans chercher à se camoufler. A nous deux, nous ramenons les corps à l'abri. Pour Lion, c'est déjà fini. Un peu de rouge suinte au niveau de la poche gauche de son battle dress. Une balle en plein cœur. Soudain, sa barbe se met à pousser à une vitesse accrue, presque à vue d'oeil. Son nez déjà mince prend l'épaisseur d'une lame de couteau. Ce soir, il n'accompagnera pas la troop numéro huit. Me voici seul, bien seul. Rollin, lui, a reçu une balle dans la tête. Un peu de mousse blanchâtre sort de la blessure. Une partie du cerveau coule lentement, mais il gémit encore. Je l'installe le plus confortablement possible et lui administre une piqûre de morphine. Que puis-je faire d'autre ? Seul, le docteur eût pu tenter la trépanation."

Rapatrié en Angleterre, il ne survivra pas à ses blessures et mourra le 12 juin 1944 à Gosport à  l'âge de 20 ans.

Le 28 octobre 1944, un service à la mémoire de Paul aura lieu dans l'église de Souppes en présence de toute la population. Sa famille ne pourra faire revenir son corps dans sa ville natale que le 21 janvier 1949. L'enterrement aura lieu le 22 janvier dans l'église et son corps repose dans le cimetière de la ville.

Le matelot Fusilier commando Rollin Paul du "1er bataillon de fusiliers-marins commandos", matricule 492 F.N. 43,  a été cité à l'ordre de la division par ordre 917 EMG du 12 août 1944 pour le motif suivant : "a été tué alors qu'il accomplissait une mission dangereuse de progression le 6 juin 1944. Belle conduite au feu".

Cette citation comporte l'attribution de la croix de guerre avec étoile d'argent. Il sera décoré, à titre posthume, de la médaille militaire.

Une rue de la commune de Souppes sur Loing (Seine-et-Marne) porte son nom.

Il était Matelot.
Son unité : Commando Kieffer - 1942-1946
  • Médaille Militaire
  • Croix de Guerre 39-45 avec étoile(s)
  • Citation à l'Ordre de la Division
Il est décédé le 12 juin 1944.
Son corps repose au cimetière de Souppes Sur Loing (77)
Son décès est inscrit à la commune de Souppes Sur Loing (77)
Document portant la mention MPLF : Fiche Mémoire des Hommes

Commando Kieffer - 1942-1946

Ecusson-commando-Kieffer-40

La décision  d’intégrer un commando français  dans les troupes britanniques  est prise en mars1941 par le général britannique Haydon sur proposition de l'amiral Muselier, commandant des "Forces Navales Françaises Libres".

Commando Kieffer - 1942-1946
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Rollin
Souppes Sur Loing
Seine et Marne (77)
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Il a été décoré : Médaille Militaire,Croix de Guerre 39-45 avec étoile(s),Citation à l'Ordre de la Division
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