Frdric Le Mouillour Mmorial national des marins morts pour la France
 
 
 
 

Le nom du marin commence par :

Jean Marie Cann

est né le 05 février 1879 à Plouguerneau (Finistère (29))

Jean Marie Cann est le fils de Goulven Cann et de Marie Jeanne Le Ven. À sa naissance, la famille habite au lieu-dit Tréguestan en la commune de Ploudalmézeau (Finistère), dont ses parents sont tous deux originaires ; ils se sont mariés dans cette même commune et auront sept enfants nés entre 1862 et 1887, Jean Marie étant l’avant dernier de la fratrie.

Après avoir suivi le cursus scolaire de l’époque, il devient, le 27 février 1897, inscrit maritime provisoire au quartier de Roscoff, et embarque alors pendant plus de deux années à la petite pêche, principalement sur le "Martolod" et le "Jean Marie", bateaux immatriculés dans ce port.

Ayant une expérience de plus de dix-huit mois de navigation, il devient inscrit maritime à titre définitif et doit accomplir, dès ses vingt ans, ses obligations militaires. Deux de ses frères ainés étant déjà "sous les drapeaux", Jean Marie a la possibilité d’être ajourné, voire dispensé, mais Il renonce à cet "avantage", et, incorporé, se rend donc à Brest le 15 février 1899 pour faire ses classes au "2e Dépôt des Équipages". À l‘issue, le 1er mars, il bénéficie d’une formation de base dans le domaine de la propulsion à "l’Atelier central de la Flotte" établi sur le plateau des Capucins à Brest.

À cette époque, la Marine nationale est définitivement passée de la propulsion à la voile à celle de la vapeur ; les chaudières à charbon nécessitent un personnel important qui travaille dans des conditions particulièrement éprouvantes pour les organismes. Il n’existe pas d’école de spécialité pour les chauffeurs : ils sont formés "sur le tas" et doivent, pour progresser en grade, avoir embarqué sur des torpilleurs ou de gros bâtiments comme chauffeur "auxiliaire". C’est la voie qu’emprunte Jean Marie.

Après un court séjour de 4 mois sur le cuirassé "Courbet" déployé à Cherbourg, il rallie, le 28 octobre 1899 à Toulon, sa première affectation de longue durée : le croiseur corsaire "Chateaurenault" ("corsaire" car sa mission prioritaire est de s’attaquer aux navires assurant les approvisionnements vitaux de l’ennemi).

Le bâtiment, construit dans les chantiers de La Seyne-sur-Mer, est à ce moment-là en armement pour essais à Toulon ; mais ces essais durent plus longtemps que prévu en raison de problèmes de vibrations sur les lignes d’arbre, si bien qu’il ne sera admis au service actif que le 10 octobre 1902, bien après le débarquement de Jean Marie qui a rallié, dès le mois d’avril, le croiseur cuirassé "Montcalm". Toutefois, sur le "Chateaurenault" Jean Marie a été promu, tout d’abord au grade de matelot de 2e classe le 1er avril 1900, puis à la 1re classe de ce grade le 1er octobre 1901.

Il débarque du "Montcalm" le 31 mai 1902, pour rallier le 30 juin, date à laquelle il obtient le brevet élémentaire de sa spécialité, le croiseur cuirassé "Dupleix" en achèvement à Rochefort.

Le 20 janvier de l’année suivante, il est affecté sur le contre-torpilleur "Fronde" qui est en armement pour essais à Rochefort, et c’est sur ce bâtiment qu’il apprend sa promotion au grade de quartier-maître de 2e classe, le 1er octobre1903.

En cette période se pose à lui le choix de retourner à la vie civile ou de faire carrière dans la Marine nationale : il opte pour la deuxième solution, et, grâce à ses excellents états de service et à sa disponibilité, obtient un nouvel engagement de 3 ans, le 15 février 1904.

Après un trimestre passé sur le croiseur cuirassé "Jeanne d’Arc", basé à Brest, Jean Marie embarque, le 1er octobre 1904, sur le cuirassé "Amiral Duperré", basé à Toulon, et sur lequel il reste une année.

Le 1er janvier 1906, il est affecté sur le contre-torpilleur "Sarbacane". Le bâtiment, armé à Rochefort, a intégré "l’Escadre de la Méditerranée occidentale et du Levant" et se trouve au bassin, à Toulon, quand il le rallie. Une quinzaine de jours plus tard, le torpilleur entame un cycle d’activité alternant des patrouilles le long des côtes varoises et de Corse, avec d’autres sur les côtes maghrébines.

Le 9 février 1907, Jean Marie reconduit à nouveau pour 3 ans son contrat avec la Marine nationale.

En juillet 1907, des événements graves ont lieu au Maroc : un médecin, puis, peu de temps après, des ouvriers français, mais aussi espagnols, qui travaillaient à la mise en place d’une voie ferrée destinée à faciliter les travaux de construction du port d'Anfa (futur port de Casablanca) sont assassinés par des éléments incontrôlés des tribus Chaouia hostiles au projet. La France et l’Espagne réagissent avec vigueur : une escadre, commandée par l’amiral Phillibert à bord du croiseur "Galilée" est diligentée devant la ville de Casablanca qui est bombardée pour permettre un débarquement d’éléments destinés à assurer la sécurité des ressortissants des pays menacés et de préserver leurs légations. Outre des bâtiments de premier rang et des navires de transport de troupes, des torpilleurs, dont la "Sarbacane", vont assurer la surveillance du littoral pendant de longs mois (les troubles ne s’atténueront qu’à la suite de la promulgation, le 30 mars 1912, du traité de Fès instituant le Protectorat français sur l’Empire chérifien).

Faisant partie d’une unité de la Marine engagée dans ces opérations, Jean Marie est décoré de la médaille commémorative du Maroc, avec agrafe "Casablanca-1907", et, le 1er février 1908, il est promu quartier-maître de 1re classe.

À son débarquement de la "Sarbacane", le 5 octobre 1908, il est orienté vers le "2e Dépôt" à Brest, et, au cours de la période de disponibilité qui s’en suit, épouse, le 9 janvier 1909, Marie Jeanne Cabon, originaire comme lui de Plouguerneau.                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                           

Un peu plus d’un mois plus tard il est à Toulon, car il a été désigné pour le croiseur cuirassé "Montcalm" qu’il connait déjà, et sur lequel il embarque le 17 février de la même année. Le bâtiment, qui avait perdu une hélice en 1906, a été remis en condition et placé en réserve pour être apte à reprendre rapidement du service actif.

Jean Marie aura tout juste le temps d'embrasser sa petite fille, Jeanne Marie née en octobre 1909, car le "Montcalm" est réarmé dès le 1er décembre 1909 et quitte la métropole le 31 janvier 1910 pour faire route vers le Pacifique. Il y sera stationnaire pendant plusieurs années comme navire amiral de la "Division navale de l’Extrême Orient" qui avait pour mission de défendre les intérêts français dans les mers de Chine et de celle du Japon.

Jean Marie reprend un engagement de 3 ans le 13 février 1910 et fait donc campagne sur le croiseur qui visite, pendant son séjour, la Polynésie, la Nouvelle-Calédonie, les Nouvelles-Hébrides et Wallis-et-Futuna.

Il quitte le "Montcalm" le 7 juillet 1911, et après trois mois de disponibilité au "2e Dépôt" à Brest embarque sur le croiseur cuirassé "Jeanne d’Arc" qui, dès l’année suivante, remplace le croiseur "Duguay-Trouin" comme navire-école d’application de l’École navale. Sur ce bâtiment, Il est promu au grade de second maître de 2e classe, le 1er octobre 1912.

Le 29 janvier 1913, il embarque sur le cuirassé "Patrie" de l’Escadre de Méditerranée.

Le 1er juillet 1914, il est désigné pour le cuirassé "France" alors en achèvement à Saint Nazaire. À l’issue d’une première période d’essais qui l’ont conduit à Brest pour compléter son armement, le bâtiment est choisi pour la visite officielle que le président de la République, Monsieur Raymond Poincaré, doit rendre à Nicolas II, tsar de Russie. Le cuirassé, qui a encore des ingénieurs civils des chantiers de Saint Nazaire à son bord, embarque la suite présidentielle à Dunkerque le 16 juillet, et se rend à Cronstadt, port de guerre situé sur une île à l’ouvert de Saint Pétersbourg.

Le voyage retour devait initialement comprendre des visites aux souverains de Suède, du Danemark et de Norvège, mais compte tenu des vives tensions internationales du moment, seule une courte escale à Stockholm est retenue par le président Poincaré qui débarque à Dunkerque le 29 juillet ; le cuirassé rejoint Brest le lendemain, deux jours avant la déclaration de guerre de l’Allemagne à la France.

Dès lors, la fin d’armement de la "France" sera accélérée pour permette le départ du bâtiment vers Toulon où il arrive le 7 août. Il a été admis au service actif le 1er août, mais devra encore faire des essais complémentaires jusqu’au 10 octobre avant de rejoindre la "Division navale d’Orient".

Puis, intégré à la "2e Escadre de ligne", il fait partie des bâtiments qui, pendant de longs mois, et sous la menace des sous-marins ennemis, assurent le barrage du canal d’Otrante, entre le talon de la botte italienne et les îles proches de Corfou sur les côtes de Grèce, afin de cantonner la flotte de surface austro-hongroise dans le nord de l’Adriatique.

Mais depuis quelques temps déjà Jean Marie, qui a vécu ces événements, a des problèmes de santé vraisemblablement liés à l’environnement extrêmement dur pour les organismes dans lequel les chauffeurs des bâtiments à vapeur opèrent : il souffre d’anémie, de troubles digestifs aigus et d’un amaigrissement anormal. Son état est devenu préoccupant et nécessite une hospitalisation. Le 1er avril, la "France" est au mouillage de Navarin, sur la côte ouest du Péloponnèse (Grèce) ; au même moment, le cuirassé "Charlemagne" qui sort de l’enfer des Dardanelles fait route vers Bizerte (Tunisie) pour effectuer quelques réparations, et passe à proximité. Jean Marie est transféré d’un bâtiment à l’autre. Mais deux jours plus tard, en dépit de près d’un mois de soins intensifs qui lui ont été prodigués, il décède alors que le "Charlemagne" se trouve au nord-ouest de l’île de Malte.

Le capitaine de vaisseau Grandclément, commandant du bâtiment, fera inscrire sur le "certificat d’origine de blessure ou de maladie" la phrase suivante :

"Nous estimons que cette affection a été causée à bord par les fatigues inhérentes à la spécialité de chauffeur, ce 2e Maître, qui est un serviteur d’élite, s’étant prodigué dans ses fonctions, notamment dans la traversée de Russie, lors du voyage de Mr le Président de la République"..

Les moyens de l’époque ne permettant pas toujours une conservation sanitaire convenable des corps, le second maître chauffeur Jean Marie Cann a été immergé en Méditerranée, dans les parages de l’île de Malte.

Il laisse une épouse sans grandes ressources et une petite fille de six ans qui sera déclarée pupille de la Nation.

Son nom est inscrit sur le Monument aux Morts de Plouguerneau.

Il était Second maître de 2e classe.
Son unité : France
  • Médaille commémorative de la Grande Guerre
  • Médaille du Maroc
Il est décédé le 03 avril 1915.
Inhumé en mer
Son décès est inscrit à la commune de Plougerneau (29)
Document portant la mention MPLF : Certificat blessure certifié
  • Internet site "Forum 14-18"
  • Service Historique de la Défense de Brest
  • « La Royale » de Jean Randier

France

Cuirass-France-01

Le cuirassé "France" a été construit à Saint Nazaire aux Chantiers de la Loire en 1911 et a été lancé le 7 Novembre 1912.

Pendant le conflit, il sert en Méditerranée, participant notamment au barrage d'Otrante, dans l'Adriatique.

France
184198
Cann
Plouguerneau
Finistère (29)
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Il a été décoré : Médaille commémorative de la Grande Guerre,Médaille du Maroc
Acte de décès
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