Le nom du marin commence par :

Pierre Leizour

est né le 14 juin 1894 à Saint-Pierre-Quilbignon (Finistère (29))

Pierre Leizour est le fils de Jean François Leizour et de Marguerite Marie Louise Hervé. A sa naissance, la famille habite Saint-Pierre-Quilbignon, commune dont est originaire son père et qui n’était pas à cette époque rattachée à la ville de Brest dont sa mère est native.

Ses parents se sont mariés le 3 août 1890, Jean-François étant quartier-maître musicien à la "Musique des Équipages de la Flotte de Brest", et Marguerite, couturière. Le 5 juillet 1891, alors que le couple avait élu domicile au lieu-dit Castel-an-Daol, sa mère donne naissance à des jumeaux, François et Jeanne. Malheureusement, Jeanne décède au bout d'un mois.

Pierre, lui, naît trois années plus tard. Il passe sa prime jeunesse dans la partie de Saint-Pierre qui correspond à l'actuel quartier des Quatre-Moulins, entre la rue de Brest (rue Anatole France) et la rue des Écoles (rue Docteur Gestin). Mais, le 19 avril 1905, alors que Pierre n’a pas encore 11 ans, son père décède brutalement.  

Après une période de deuil, sa mère épouse en secondes noces Théophile Roussel, lui-même veuf et qui exerce le métier de receveur d’octroi du port de commerce de Brest. Le couple vient alors s’installer avec Pierre, au n° 1 du quai de la douane.

 

Attiré par le "large" et, sans doute aussi, incité par l’exemple de son frère aîné qui fait carrière comme mécanicien dans la Marine nationale, Pierre entre, le 12 juillet 1909, à l’"École des Mousses" installée sur le bâtiment-école "Bretagne" (ex "Mytho"), école ayant pour vocation de préparer les jeunes gens à faire carrière dans le corps des équipages de la Flotte.

Par la suite, comme le prévoit le règlement de l’époque, ayant atteint l’âge de 16 ans et avec l’accord de sa mère, il contracte un engagement volontaire le 15 juin 1910 et devient dès lors apprenti marin. Il embarque à Brest sur le ponton-école "Magellan" pour compléter sa formation de base, puis, le 1er mars 1911 à Toulon, sur un bâtiment du même type, le "Calédonien", où l’on prépare au métier de gabier. Ayant reçu le brevet de cette spécialité en même temps que la promotion au grade de matelot de 2e classe, il débarque de ce centre de formation le 1er juillet 1911, et reste 3 mois en attente d’affectation au "5e Dépôt" à Toulon.

Après un court passage de 3 mois sur le croiseur cuirassé "Latouche-Tréville", qui accueille normalement l’école de canonnage, mais se trouve à ce moment-là en cours de réarmement en raison d’une indisponibilité due à l’explosion d’une pièce d’artillerie, il embarque, le 1er janvier 1912, sur le croiseur "D’Entrecasteaux" qui porte le pavillon du commandant en chef de la "Division des écoles de Méditerranée". Il en débarque le 28 mars 1913 et reçoit pendant une année diverses affectations à terre, principalement à Brest, avant d'être désigné, le 30 mars 1914 pour la canonnière "Surprise".

Ce bâtiment est détaché à la "Station de la Côte occidentale d’Afrique" créée dès 1818, et dont la mission à l'origine était de réprimer la "traite négrière" qui n'avait pas totalement disparu sur certaines côtes à ce moment-là, mais surtout de préserver les intérêts français de toutes sortes sur les pays riverains

A cette époque, la situation dans la région est la conséquence de la défaite de la France contre l’Allemagne en 1870. Les Allemands ont colonisé le Cameroun (Kamerun) à partir de 1884, mais les forces françaises n’attendent que l’ordre de repasser à l’action et d’en découdre en dépit de moyens inférieurs en hommes et matériels.

 

En septembre 1914, des troupes françaises et belges (les Belges étant concernés par le Congo) ont été rassemblées au sein du "1er Régiment du Gabon", et la canonnière "Surprise", commandée par le lieutenant de vaisseau Mégissier, reçoit l’ordre de rallier Libreville pour se préparer à une action de guerre près de la rivière Muny marquant la frontière entre ce qui s'appelait alors la Guinée espagnole, enclavée dans le Kamerun, et le Gabon. Cette action ne peut se faire sans un débarquement de troupes de vive force mais le plus discrètement possible pour éliminer les solides défenses ennemies ; celui-ci doit donc avoir lieu à l’aube, après une mise en place de nuit.

Après avoir appareillé de Libreville, la canonnière mouille le 21 septembre vers 03 h 00 en baie de Corisco, à proximité de Coco-Beach.

Un premier détachement est mis à terre, mais en raison du courant, il n’atteint son point de débarquement qu’à 07 h 00 : les Allemands ont repéré le mouvement et réagissent, sans toutefois faire de victime.

Entre-temps, vers 05 h 00, la "Surprise" a appareillé pour atteindre par son artillerie les objectifs qui lui ont été assignés, en particulier la maison de l’administrateur qui est détruite, mais dans cette action l’enseigne de vaisseau Blache, officier de tir du bâtiment, est grièvement blessé, un tirailleur tué, et le quartier-maître fourrier Le Maux blessé.

 

Vers 07 h 00, la "Surprise" revient mouiller pour récupérer les embarcations qui ont permis le débarquement du premier détachement, et en préparer un deuxième qui quitte la canonnière en direction de la terre à 09 h 00. Ce contingent revient à bord à 11 h 20, mais, toujours en raison de la force du courant, il n'a pas pu remplir complètement sa mission, ce qui nécessite la constitution d’un troisième détachement qui quitte le bâtiment à 13 h 50. Le matelot gabier Pierre Leizour et le matelot Fara Gomis mènent leur embarcation sous le feu particulièrement nourri des Allemands.

Atteint par deux balles, l’une à la tête, l’autre en pleine poitrine, Pierre Leizour , est gravement blessé, mais faisant preuve d’un grand courage, réussit à passer la barre du surf-boat à Fara Gomis. Celui-ci est atteint à son tour et quatre tirailleurs sont également gravement touchés. En dépit de ces pertes, cette ultime action est décisive et aboutit à la défaite des troupes ennemies.

L’embarcation ramène ensuite les victimes à bord de la "Surprise.

Pierre est soigné au carré des officiers, mais, en dépit des efforts du médecin-major du bord, le médecin de 2e classe Georges Doré, il décède à bord du bâtiment le lendemain, 22 septembre, à 09 h 00 du matin ; il avait 20 ans.

 

Il repose désormais en terre africaine, à Libreville, au Gabon, au sein du mausolée dédié aux Français dont la dépouille est restée dans ce pays.

Son nom et ceux de ses frères d’armes morts lors du combat de Coco-Beach sont inscrits sur une plaque apposée sur le monument érigé en 2008 en ce lieu.

Le matelot gabier breveté Pierre Leizour a été cité à l’ordre de l’armée (Journal officiel du 9 septembre 1915) :

 "Leizour (Pierre), matelot gabier breveté 94764/2 de la "Surprise". Se trouvait à la barre de son embarcation en conduisant à terre le troisième échelon de débarquement sous un feu violent .Atteint mortellement de deux balles, eut pour dernière préoccupation le salut de l’embarcation qu’il conduisait, en désignant son successeur. Combat de Coco-Beach (21 septembre 1914)".

 

Il était Gabier.
Son unité : Surprise
  • Médaille Militaire
Il est décédé le 22 septembre 1914.
Son corps repose au cimetière de Libreville (Gabon)
Son décès est inscrit à la commune de Brest (29)
Document portant la mention MPLF : Acte de décès

-       Service Historique de la Défense de Brest

-       Livre d'or de la Marine – guerre 14/18

-       Archives municipales de la ville de Brest

-       Internet

Surprise

Surprise-250

Canonnière de première classe, construite aux Chantiers Augustin Normand, Le Havre. Commencée : 16.01.1893 - Mise en service en 1896.

Caractéristiques principales :

Surprise
184016
Leizour
Saint-Pierre-Quilbignon
Finistère (29)
HE
NULL
Il a été décoré : Médaille Militaire
Acte de décès
E 10x13