Le nom du marin commence par :

Louis Serge Moutaillier

est né le 19 décembre 1918 à Paris 12e (Paris (75))

Serge Louis Moutaillier est le fils de Louis Alexandre, employé de papeterie, et d'Anna Marie Virginie Maître, modiste puis employée au Ministère des finances en qualité de veuve de guerre.

La famille réside dans le 12e arrondissement de Paris (75) et Serge est scolarisé à l'école primaire Michel Bizot à Paris 12e.

Serge n’a pas eu le bonheur de connaître son père, incorporé au cours du 1er conflit mondial comme caporal téléphoniste dans le 6e régiment de tirailleurs indigènes, "Mort pour la France" au combat en juillet 1918.

Le 4 octobre 1934, à l'âge de 15 ans, Serge Louis rentre à l'"Ecole des Mousses" basée sur le bâtiment école "Armorique" situé à Brest.

Le 1er octobre 1935 il embarque sur le cuirassé "Courbet" comme matelot de 2e classe.

Le 1 avril 1936 Serge obtient son brevet .élémentaire (B.E) de canonnier et embarque à cette même date sur le croiseur "Duquesne".

Le 25 septembre 1937 Serge Louis rejoint le croiseur "Primauguet".

En juin 1939 il embarque sur l’aviso colonial "Rigault de Genouilly" qui appareille pour Saigon en Indochine.

De juillet 1939 à mars 1940 il embarque successivement sur l’aviso colonial "Savorgnan de Brazza" puis sur le croiseur "Lamotte Piquet" qui navigue au large des côtes indochinoises.

En mars 1940 Serge revient en France au " 5e dépôt " à Toulon.

Le 27octobre 1940 il embarque sur le torpilleur d’escadre "Tempête" en Afrique du Nord.

Le 10 mars 1941 Serge débarque du "Tempête" et est logé au dépôt des équipages de Casablanca (Maroc).

Il est renvoyé dans ses foyers le 13 mars 1941.

Le 29 juin de la même année il est promu second-maître.

Le 20 octobre1941, il s'engage dans les "Forces Navales Françaises Libres" (matricule 1786 FN 41), et embarque sur l’aviso "Arras". La mission de ce bâtiment est d'escorter les convois alliés.

Extrait du livre "Béret Vert" du commandant Philippe Kieffer :

"En avril 1941, après des pourparlers nombreux, longs et difficiles auprès des autorités britanniques, le projet du Capitaine de Corvette Philippe Kieffer est accepté. Le Capitaine Vourch recrute seize volontaires pour former le premier noyau du futur bataillon appelé à servir dans les troupes britanniques.

Malgré le manque d’armes et de munitions, l’entraînement physique intensif commence immédiatement au camp de Camberlay.

Au mois de juillet 1941 ce premier groupe prend le nom de "1re Compagnie de Fusiliers Marins" et continue son entraînement très poussé à l’école de Skegness dans le Lincolnshire. En septembre la 1ère Compagnie quitte Skegness pour un stage chez les "Royal Marines" d’Eastney.

Le 19 janvier 1942, Serge Moutaillier (jeune blond infatigable et téméraire) intègre cette formation.

En mars 1942 les notes acquises par la 1re Compagnie ouvrent l’accès de la très célèbre et très sévère école britannique des commandos d’Acharacarry en Ecosse à l’équipe des 40 Français sélectionnés. A l’issue de 10 longues semaines d’entraînement terrible et quotidien les candidats sortent "brevetés commandos" et sont autorisés à porter le "célèbre béret vert" auquel venait s’épingler le badge de bronze du bataillon.

En mai 1942, la "1re Compagnie des Fusiliers Marins Commandos" est affectée à Ayr en Ecosse au n°2 Commando. La vraie vie de commando commençait."

En août 1942, les Alliés mettent au point une opération militaire qui vise principalement à soulager partiellement le front soviétique et à tester les défenses allemandes qui font face à l’Angleterre.

Pour ce faire, 5000 Canadiens, 1100 Britanniques, 56 Américains et 15 Français des " Forces Navales Françaises Libres" sont mis en alerte durant l’été 1942.

Cette opération a pour but d'apporter des renseignements très importants aux forces alliées en vue de la préparation d’un débarquement de plus grande importance dans les mois qui suivent, toujours au nord-ouest de l’Europe, future opération "Overlord" (futur débarquement du 6 juin 1944).

Le 19 août à cinq heures du matin une force franco-britannique engage "l'opération jubilée" aussi appelée aussi "raid de Dieppe".

Les troupes alliées débarquent sur les plages de Seine-Maritime en Normandie à Berneval-le-Grand, au nord de Dieppe.

Serge fait partie des 15 français engagés dans ce raid aux côtés de leurs compagnons britanniques, canadiens et américains.

Ils sont les premiers à combattre sur le sol natal depuis la capitulation refusée du 18 juin.

La position allemande est fortement armée et comprend notamment des canons de 170 mm, de 105 mm et 20 mm. La garnison ennemie est forte 250 hommes environ.

Lors de l'assaut les hommes du commando sont accueillis, malgré l'effet de surprise, par un feu nourri, beaucoup de soldats sont touchés avant même de mettre le pied à terre.

Serge Louis est blessé en tentant de franchir un pont de Berneval. Malgré sa mise hors de combat il n'est pas fait prisonnier, mais est achevé par un allemand.

Hitler a donné la consigne de considérer comme "terroristes" les français reconnus par leur marque d'épaule.

Avant le débarquement, l'officier britannique commandant le n°3 commando leur a proposé de découdre les bandes "France" de leur battle-dress pour des raisons de sécurité.

Après entente avec ses camarades, Serge refuse mais plus encore, coiffé du casque réglementaire, tout le groupe dissimule casquettes et bérets marins dans le blouson et laisse les casques dans les barges. Le groupe coiffe casquettes et bérets au moment de débarquer.

Ce geste des 15 commandos français, rappelle la légende de la charge héroïque des Saint-Cyriens portant "casoars et gants blancs" lors des assauts sur les champs de bataille de la 1re guerre.

Serge est mort à 24 ans le 19 août 1942 en portant sur lui ses insignes de commando et de français libre, donnant sa vie pour sa patrie.

Serge est le premier commando français tué en opération sur le sol natal

Serge Moutaillier est cité à l'ordre de la marine en Grande-Bretagne à titre posthume par ordre n°1005 FNFL/1 du 18 novembre 1942. (Croix de guerre avec étoile)

La médaille militaire lui est attribuée à titre posthume le 20 février 1952.

En hommage à ces hauts faits d'arme, une promotion de l'"École des fusiliers marins", porte le nom "Cours Moutaillier" (cours de BE, 252e session du 04 06 1992 au 04 10 1992).

Le 19 août 1999, lors des commémorations du raid de 1942, le pont reliant Berneval-le-Grand à St Martin, sur lequel Serge a trouvé la mort, est baptisé "Pont Serge Moutaillier" (Voir la plaque ci-contre).

Une plaque est apposée sur l'immeuble où est né Serge dans le 12e arrondissement de Paris. (Voir la plaque ci-contre)

Il était Second maître.
Son unité : Commando Kieffer - 1942-1946
  • Médaille Militaire
  • Croix de Guerre 39-45 avec étoile(s)
  • Citation à l'Ordre de la Division
Il est décédé le 19 août 1942.
Porté disparu
Son décès est inscrit à la commune de Paris 12e
Document portant la mention MPLF : Etat signalétique et des services

Livre "Béret Vert" du commandant Philippe Kieffer.

Commando Kieffer - 1942-1946

Ecusson-commando-Kieffer-40

La décision  d’intégrer un commando français  dans les troupes britanniques  est prise en mars1941 par le général britannique Haydon sur proposition de l'amiral Muselier, commandant des "Forces Navales Françaises Libres".

Commando Kieffer - 1942-1946
183832
Moutaillier
Paris 12e
Paris (75)
HE
NULL
Il a été décoré : Citation à l'Ordre de la Division,Croix de Guerre 39-45 avec étoile(s),Médaille Militaire
Acte de décès 1952/2611
C 12x17