Le nom du marin commence par :

Yves Guillaume Pichon

est né le 09 juin 1891 à Ploudalmézeau (Finistère (29))

Yves naît le 9 juin 1891 au domicile familial situé au bourg de Ploudalmézeau, commune du pays d’Iroise dans le département du Finistère.

Il est le fils de François, facteur rural, et de Marie Louise Yvonne Linguinou.

Il s’engage dans la Marine nationale le 19 juillet 1910 (matricule 97268.2) et est incorporé au "2e Dépôt" à Brest où il reçoit une formation initiale, militaire et maritime, au métier de marin.

Il acquiert,  entre août 1910 et juin 1911, la formation de canonnier à l’école de spécialité, alors embarquée à bord du cuirassé "Masséna" puis du navire école "Tourville".

Après une très courte affectation sur le cuirassé "Bouvet", il rallie le cuirassé d’escadre "Carnot" en juillet 1911 puis le cuirassé "Saint Louis" en février 1912. A son bord, le 8 juin 1913, lors d’un exercice avec d’autres bâtiments, il assiste à l’éperonnage et à la perte du sous-marin "Vendémiaire", tragédie qui coûte la vie aux 24 membres d’équipage du submersible. Après plus de deux ans d’affectation, il est muté sur le cuirassé "République" en avril 1914.

Le 1er août 1914, veille de la mobilisation générale en France, le quartier maître canonnier, pointeur d’élite, Yves Pichon rejoint le cuirassé "Bouvet".

Lorsque la guerre éclate, l'abbé Cardaliaguet, qui encadre le patronage de Ploudalmézeau, demande à ceux qui partent de donner de leurs nouvelles au patronage et assure de reprendre des extraits de tous les courriers dans le "Patro de Ploudalmézeau", journal hebdomadaire des ploudalméziens à la guerre 14/18 (194 numéros soit 1200 pages contenant des extraits de 15000 lettres de soldats, de marins et de prisonniers). De cette façon, chaque patronné envoie ses nouvelles à tous les autres et en reçoit de tous !

Yves est assidu à participer à la rédaction du "Patro" en donnant régulièrement de ses nouvelles dont voici quelques extraits :

"Le Bouvet, d’Yves Pichon, a saisi un bateau dont la marchandise vaut douze cent mille francs, et un transport de 150 réservistes autrichiens"

"Yves Pichon, aux Dardanelles, ne voit plus de turcs trop … et …,  et chante les Noëls 1913 que M. Le Meur lui avait appris"

"Yves Pichon écrit d’une île turque que l’on fait du bon travail. Il passe le Patro à Oger du Saint Louis, brave de Lannilis"

"… beaucoup de mer et de quarts de nuit ; pas de terre avant avril. Ni papier, ni tabac. Le Sou des écoles de France, pour Noël, nous a payé douze cigares à chacun et un quart de livre de chocolat : on leur a fait bon usage ! Ici, on ne risque guère les balles. Si l’on débarque, ce sera autre chose. Bonjour à tous, surtout à ces braves qui ont déjà versé leur sang"

"Si l’on force les Dardanelles, il y aura de la casse mais qu’importe ! A la grâce de Dieu ! On dort 4 h sur 24, on fait 3 à 400 tonnes de charbon tous les 2 ou 3 jours. Bonjour à tous"

"Yves Pichon bombarde les Dardanelles sur son vieux et vaillant Bouvet"

Le quartier-maître Yves Pichon disparaît le 18 mars 1915 avec son bâtiment, éventré par une mine dérivante, devant Tchanak (détroit des Dardanelles).

Son frère, Léon, abbé au séminaire des missions étrangères à Paris, télégraphie à la famille : "Yves n’est pas sur la liste des survivants".

Le jour du drame, la dernière lettre d’Yves est reçue par ses parents : "Aujourd’hui, 7 mars, j’ai reçu le baptême du feu, en vrai, car j’ai ramassé plusieurs éclats d’obus sur le pont. Rien ne nous résiste. Il faut y être pour voir comment travaillent Anglais et Français ; de 9 heures du matin à 4 heures du soir, obus sur obus ! Et pas des petits ! Les obus turcs pleuvaient, éclatant sur la cuirasse sans nous faire mal. Il est vrai, leurs obus sont en fonte, et nos cuirasses en acier. "

Il était Quartier-maître.
Son unité : Bouvet
  • Médaille Militaire
  • Croix de Guerre 14-18 avec étoile(s)
  • Médaille commémorative de la Grande Guerre
  • Citation à l'Ordre du Régiment
Il est décédé le 18 mars 1915.
Porté disparu
Son décès est inscrit à la commune de Ploudalmézeau (29)
Document portant la mention MPLF : Acte de décès

Bouvet

Cuirassé_Bouvet_Carte Postale_0

Le "Bouvet", cuirassé construit à Lorient en 1892, est intégré pendant la guerre 14-18 dans l'escadre de l'amiral Guépratte.

En se repliant tardivement de la tentative de forcement des détroits turcs, le "Bouvet" (commandant Rageot de la Touche) a sauté sur une mine et a coulé.

Le commandant, 23 officiers et 619 gradés et marins ont péri avec le navire. On a dénombré seulement 47 survivants don...

Bouvet
183785
Pichon
Ploudalmézeau
Finistère (29)
HE
NULL
Il a été décoré : Citation à l'Ordre du Régiment,Croix de Guerre 14-18 avec étoile(s),Médaille commémorative de la Grande Guerre,Médaille Militaire
Acte de décès 1916/46
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